En Chine, une enquête de la CCTV révèle un marché noir actif, où des batteries usagées de voitures électriques sont détournées des centres de recyclage pour alimenter des deux-roues. Ces batteries modifiées, souvent jusqu’à 72 V, dépassent largement la limite légale de 48 V, augmentant ainsi les risques d’incendie et d’emballement thermique. Un tiers des incendies de vélos électriques seraient liés à ces modifications illégales, mettant en lumière le rôle d’ateliers clandestins et d’entreprises pourtant inscrites sur la liste blanche du gouvernement. Malgré les efforts pour renforcer les réglementations, la traçabilité des batteries reste un défi majeur au sein d’un marché du recyclage évalué à 73,3 milliards d’euros et qui pourrait atteindre 262,9 milliards d’ici 2030.
Une enquête récente a mis à jour une situation alarmante en Chine : des batteries de voitures électriques disparaissent mystérieusement des centres de recyclage pour alimenter un marché noir florissant. Ce phénomène, qui soulève des questions de sécurité publique, est dû à des modifications illégales et dangereuses apportées aux cellules de batteries, qui sont ensuite utilisées pour des scooters et « e-bikes ». Loin d’être un simple fait divers, cette affaire illustre la complexité et les enjeux entourant le recyclage des batteries en Chine.
Le marché noir des batteries usagées
Selon une enquête de la CCTV, la télévision d’État chinoise, un réseau bien rodé s’est installé pour détourner les batteries usagées de véhicules électriques. Ces dernières, qu’elles soient hors d’usage ou accidentées, sont démontées dans des ateliers clandestins. Les cellules de qualité automobile sont alors triées par tension, ressoudées et adaptées pour des scooters, ce qui leur permet d’être mises sur le marché à un prix dérisoire : environ 2,67 € (20 yuans). Ce processus illégal est particulièrement lucratif et attire l’attention de la criminalité organisée.
Des modifications à risque
Les modifications apportées aux batteries dépassent souvent les normes de sécurité, augmentant la tension à des niveaux dangereux, allant jusqu’à 60 voire 72 V, alors que la limite légale est de 48 V. Cela engendre des risques d’incendie et d’emballement thermique. Les ateliers concernés n’utilisent généralement pas de systèmes de protection comme le BMS, le module électronique qui surveille la santé de la batterie, ce qui traduit une négligence inacceptable. Chaque recharge devient alors une opération périlleuse, comparable à une partie de roulette russe.
Influx de la criminalité organisée
Ce réseau de modification et de revente des batteries illégales touche même des entreprises qui figurent sur la liste blanche du ministère chinois de l’Industrie, ce qui montre l’ampleur du problème. Parmi les entreprises citées, on trouve Guangxi Hongsheng New Energy et Wuhan Wangzhongle Power, toutes deux impliquées dans ce scandale. L’enquête révèle l’existence d’un vaste réseau organisé, exploitant l’absence de contrôle adéquat sur le recyclage des batteries.
Conséquences sur la sécurité publique
Les incidents liés à des batteries truquées sont alarmants. Un tiers des incendies de deux-roues électriques seraient dus à ces modifications illégales. Les autorités chinoises tentent de réagir en imposant de nouvelles règles pour suivre les batteries « du berceau à la tombe ». Pourtant, contrôler toute la chaîne de recyclage s’avère complexe, nécessitant de renforcer les réglementations et les inspections.
Un problème mondial
Bien que ce phénomène soit particulièrement prévalent en Chine, d’autres régions, comme l’Europe, voient également émerger des tendances semblables. Des véhicules électriques, comme les trottinettes et « fatbikes », subissent également des modifications non conformes. Les pratiques de fraude sur l’étiquetage des infrastructures de charge remettent également en question la transparence du marché. Les réseaux clandestins se développent, utilisant des entrepôts non référencés et de fausses stations d’échange de batteries.
Vers une solution durable
Avec une industrie du recyclage des batteries en Chine évaluée à environ 73,3 milliards d’euros, et une projection atteignant 262,9 milliards d’ici 2030, il est essentiel de trouver des solutions durables. Des initiatives visant à stabiliser le marché légitime, à travers la numérisation et la traçabilité des batteries, pourraient contribuer à freiner ce fléau. Toutefois, faire baisser les prix des batteries neuves apparaît comme l’un des rares leviers pour contrecarrer ce marché noir.
| Aspects | Détails |
|---|---|
| Origine des batteries | Batteries usagées de véhicules électriques retirées du service |
| Modification des batteries | Cellules de qualité automobile sont ressoudées pour l’utilisation sur des scooters |
| Normes de sécurité | Tension portée à 60V ou 72V, alors que la limite légale est de 48V |
| Problèmes de sécurité | Un tiers des incendies liés aux modifications illégales |
| Coût de la modification | Environ 2,67 € (20 yuans) par opération |
| Enjeux gouvernementaux | Nouvelles règles pour suivre les batteries du berceau à la tombe depuis 2026 |
| Impact économique | Recyclage des batteries en Chine évalué à 73,3 milliards d’euros |
| Solutions envisagées | Baisse des prix des batteries neuves pour contrer le marché noir |
| Tendances globales | Phénomènes similaires observés en Europe, avec trottinettes et fatbikes |
La situation actuelle en Chine concernant le recyclage des batteries de voitures électriques est plus que préoccupante. Un véritable marché noir s’est développé, détournant les batteries usagées pour alimenter des véhicules à deux roues, notamment des scooters et des patinettes. Ce phénomène met en lumière des questions de sécurité publique ainsi que l’intégrité des systèmes de recyclage.
Les modifications apportées à ces batteries par des ateliers clandestins ne font qu’augmenter les risques d’incendie et d’emballement thermique. En effet, en augmentant la tension de ces cellules à des niveaux alarmants, ces pratiques s’apparentent à une roulette russe. L’enquête menée par la CCTV révèle à quel point des entreprises, supposément en règle, sont impliquées dans cette illégalité, soulignant l’ampleur du réseau.
En réaction à cette crise, le gouvernement chinois a décidé d’instaurer des mesures de suivi des batteries « du berceau à la tombe » à partir d’avril 2026. Cependant, l’application de ces réglementations demeure un défi colossal, tant le marché noir est profondément enraciné. Le coût élevé des batteries neuves en est une des causes, incitant ainsi certains à se tourner vers des alternatives illégales.
Ce problème ne se limite pas à la Chine. En Europe, des pratiques similaires émergent, démontrant que le défi du recyclage des batteries est mondial. La nécessité d’élever la transparence du marché est plus que jamais essentielle pour combattre ces fraudes, tout en assurant un approvisionnement en batteries véritablement durables et sécurisées. La > du secteur et la sécurité des utilisateurs sont désormais en jeu, et il est impératif d’agir pour remédier à cette situation chaotique.

