Sur le marché des véhicules électriques d’occasion, la situation semble délicate, marquée par une décote importante et des défis croissants pour la revente. La Poste, qui possède une flotte de 66 000 véhicules dont 26 % sont entièrement électriques, rencontre des difficultés pour vendre ses VUL, avec des délais de revente qui s’allongent. Les échanges de voitures électriques d’occasion ont connu un ralentissement de 4 % au premier trimestre 2025, malgré une augmentation de 39 % par rapport à l’année précédente. En moyenne, une VEO nécessite 134 jours pour trouver un acheteur, comparé aux 100 jours pour une voiture thermique. La chute des prix de revente de ces véhicules est due à plusieurs facteurs, notamment l’introduction de modèles plus petits et moins chers, rendant les électriques moins attractifs. Les stocks de véhicules à moteur thermique sont également nettement supérieurs à la demande pour les électriques, exacerbant la situation. Dans ce contexte, les entreprises et les particuliers hésitent à se précipiter sur le marché de l’occasion.
Les véhicules électriques (VE) sont de plus en plus présents sur nos routes, mais leur revente sur le marché de l’occasion reste un véritable parcours du combattant. Avec une valeur résiduelle en baisse et des délais de vente allongés, les gestionnaires de flottes et les particuliers se heurtent à une réalité difficile. Cet article explore les différents aspects de la décote des VE et les défis associés à leur revente, illustré par l’expérience de modèles emblématiques comme ceux de La Poste.
Un marché de l’occasion en pleine mutation
La revente des véhicules électriques d’occasion est devenue plus complexe ces dernières années. Selon Rodolphe Tabbagh, responsable des ventes de véhicules d’occasion chez Véhiposte, La Poste gère une flotte de 66 000 véhicules dont 85 % sont des véhicules utilitaires légers (VUL). Parmi ces derniers, une part croissante est désormais 100 % électrique. Pourtant, la société rencontre des difficultés face à un marché de la revente qui évolue rapidement, rendant la tâche ardue pour ceux qui souhaitent vendre leurs VE.
Ralentissement des transactions et allongement des délais
Le dernier baromètre des voitures électriques d’occasion montre que le volume des transactions a chuté de 4 % entre le quatrième trimestre 2024 et le premier trimestre 2025, malgré une baisse moyenne des prix. En effet, 39 963 unités se sont échangées durant cette période. Bien que ce chiffre représente une augmentation de 39 % par rapport à l’année précédente, la tendance s’inverse et suscite des inquiétudes. En outre, le délai moyen de revente d’un véhicule électrique est désormais de 134 jours, bien au-delà des 100 jours requis pour une voiture thermique d’occasion.
Une décote alarmante
Depuis près d’un an, les prix des véhicules électriques d’occasion ont chuté de « 2 à 3 % par mois », indiquent les spécialistes du remarketing. Un autre phénomène préoccupant pour les gestionnaires de flotte est que les stocks de véhicules essence, diesel ou hybrides étaient deux fois supérieurs à la demande, alors que pour les électriques, cette proportion s’élève à 3,8 fois. Malgré les baisses de prix, les VE peinent à séduire les acheteurs d’occasion, souvent à cause de tarifs jugés trop élevés par rapport à leur usage.
Les causes de cette décote
La baisse des prix des véhicules électriques neufs, couplée à l’arrivée sur le marché de modèles plus petits et abordables, contribue à la chute vertigineuse des prix de revente. La guerre des prix entre constructeurs et l’obsolescence technique, notamment l’arrivée des batteries solides prévue pour 2026-2027, pèsent également sur la perception des acheteurs. Ce climat d’incertitude pousse de nombreuses entreprises à retarder le renouvellement de leur flotte, tandis que les particuliers hésitent à se lancer dans un achat lorsque le marché semble orienté à la baisse.
Perspectives et conséquences pour les gestionnaires de flotte
Face à cette situation, les gestionnaires de flotte comme La Poste doivent naviguer dans un océan d’incertitudes. La revente des 6 000 modèles VUL électriques mis en vente chaque année devient un véritable défi et détourne les gestionnaires de leur objectif de verdissement. Dans ce contexte, c’est l’enjeu même de la transition énergétique qui est remis en question, car si les véhicules ne trouvent pas preneurs, l’adoption massive des VE pourrait être compromise.
Pour une analyse plus approfondie de la décote liées aux véhicules électriques, vous pouvez consulter ces ressources : Optimiser vos gains face à la plus-value, Témoignage sur la dépréciation des véhicules électriques, et Comprendre les facteurs de décote de la Tesla Model 3.
Ces défis en matière de revente mettent en lumière les enjeux qui pèsent sur le futur des véhicules électriques. La route est encore longue avant d’atteindre un équilibre stable entre l’offre et la demande sur un marché en pleine évolution.
Comparaison des défis de revente des véhicules électriques d’occasion
| Critères | Détails |
|---|---|
| Valeur résiduelle | Baisse significative, surtout depuis un an avec des décotes de 2 à 3 % par mois. |
| Délai de revente moyen | Environ 134 jours pour une Véhicule Électrique d’Occasion contre 100 jours pour une Voiture Thermique. |
| Volume des transactions | Ralentissement de 4 % au T1 2025 par rapport au T4 2024. |
| Attractivité sur le marché | Moins séduisants en raison des prix trop élevés par rapport à l’usage réel. |
| Comportement d’achat des particuliers | Attentisme face à un marché orienté à la baisse des prix. |
| Impact de la concurrence | Arrivée de nouveaux modèles plus petits et abordables, entraînant une forte pression sur les prix. |

Défis de Revente des Véhicules Électriques : Une Décote à Surmonter
La revente des véhicules électriques d’occasion est plus difficile que jamais, confrontée à une décote significative et à des délai de revente prolongés. Les gestionnaires de flottes, comme ceux de La Poste, en font les frais. Bien que ces entreprises s’engagent activement dans la transition énergétique, les défis économiques du marché de l’occasion créent une atmosphère d’incertitude. À l’heure actuelle, les VUL électriques mis en vente peinent à trouver preneurs, ce qui affecte directement leur valeur résiduelle et complique la gestion de leur flotte.
Le dernier baromètre des voitures électriques d’occasion révèle une baisse des transactions et des délais de revente qui s’allongent. Les statistiques montrent qu’une voiture électrique nécessite en moyenne 134 jours pour être vendue, alors que les voitures thermiques sont écoulées en seulement 100 jours. Cette lenteur de vente, associée à une baisse continue des prix de revente, amène les entreprises à revoir leur stratégie de renouvellement. Plutôt que de céder à la pression du marché, les gestionnaires de flotte pourraient choisir d’attendre une meilleure conjoncture.
De plus, l’évolution rapide de la technologie des batteries, avec l’avènement prévu de modèles plus avancés, risque d’accentuer cette tragédie du marché. Les particuliers et les entreprises se retrouvent face à un dilemme : acheter aujourd’hui un véhicule dont la valeur pourrait chuter demain, ou attendre une stabilisation des prix et des technologies. La décote inéluctable des véhicules électriques d’occasion s’inscrit ainsi dans un contexte plus large de transitions et d’adaptations auxquelles le marché doit faire face.

